Bonjour tout le monde,

Aujourd’hui, retour sur un livre de Ray Bradbury, connu pour ses romans de science-fiction. C’est donc Fahrenheit 451. Une histoire dystopique qui se projette dans un monde où la réflexion et le questionnement sont bannis de la société.

Montag est pompier. Il est ici pour brûler les livres et tous les ouvrages abrités clandestinement dans les foyers. Mais en commettant l’irréparable, il va devenir la cible numéro 1 de toute une ville.

Fahrenheit 451, on vous explique dans le livre, correspond à la température à laquelle un livre prend feu et se consume. Ce n’est pas une information anodine, en général, on ne brûle pas les livres. Ils peuvent être écornés, la tranche peut être abîmée, les livres restent des objets délicats qui ne partent pas au fourneau aussi vite ! Pourtant, dans cette société où la lecture est considérée comme diffamatrice, le feu permet de faire disparaître ce qui gêne au bon déroulement de la vie commune. On ne peut pas revenir en arrière avec le feu, il est incontrôlable, et ses flammes terrifiantes fascinent l’Homme. Montag pose la question à son ami, Beatty, de pourquoi le feu nous attire-t-il autant ? On lui répond que le feu reste un mystère pour chacun, « il détruit la responsabilité et les conséquences ». Effectivement, malgré le fait qu’il est indomptable, on cherche toujours à avoir le contrôle de l’élément. Pareil qu’avec la lecture et le savoir, cela fait peur car ils prodiguent un certain pouvoir, alors on élimine tout, jusqu’à ne plus avoir que des cendres.

Mais comment en est on arrivé là ? Ray Bradbury a vu plus loin, il a compris que la société répond de moins en moins à la réflexion et à la compréhension personnelle. En un mot, nous ne sommes plus curieux. Cette curiosité que l’on peut avoir dès le plus jeune âge en est réduite à des émissions de dix minutes, il ne faut pas perdre de temps et ne pas faire perdre de temps au gens. Il parle de « matraquage », via les publicités et les feuilletons. Le cerveau n’a plus envie de réfléchir, il regarde sans regarder. Comme la femme de Montag avec ses copines qui sont vissées à leur siège, face à l’écran qui leur parle, qui les berce. Ce qui est intéressant, c’est que c’est le patron de Montag qui lui explique tout cela. Son directeur est un homme ayant réponse à tout. Il surveille Montag et le remet dans le droit chemin. Il lui dit que les pompiers permettent de réguler la population et les soulèvements, car on ne naît pas tous égaux, c’est bien la société qui nous le fait devenir. Les débordements ne seraient pas tolérés. Son discours est donc assez intéressant, ce directeur est conscient de la vie dans laquelle ils ont été transportés et au final, on ne sait pas vraiment si tout cela le touche.

Par contre, Montag, lui, ouvre les yeux sur ces illusions. Il veut lire, il veut apprendre sauf qu’étant pompier, ce n’est pas une mince affaire… Et durant un incendie, il va voler un livre. Ce n’est pas lui mais sa main qui va faire le geste, c’est ce qu’il se dit pour se raisonner. Sa main qui le brûle maintenant, et cependant, il se sent revivre. C’est sûr, sa vie était plus simple quand il faisait son boulot et qu’il ne demandait rien, mais son geste va l’inviter à voir plus grand et plus loin, un trésor à porté de main.

L’auteur utilisant pas mal de métaphores, il parle d’un mur entre Montag et les autres. En levant le voile sur cette misérable vie où il ne connaît même pas sa femme, il est exclu de la société. Je trouve donc que le livre est vraiment très bien écrit et la préface de Jacques Chambon permet encore mieux de rentrer dans la réflexion. C’est atroce de constater que les intellectuels ne sont plus admis dans ce monde et Montag, en parfait héros qui vient tout juste de s’ouvrir au vrai monde, nous refait découvrir la lecture ! L’histoire à d’ailleurs été adaptée par François Truffaut en 1966.

A bientôt,

Maëlys

2 commentaires sur « Fahrenheit 451 »

  1. Même si j’aime beaucoup François Truffaut, je film ne vaut pas le livre qui est formidable. Grâce à cet article, j’ai pu me remémorer ses temps forts, son audace, sa clairvoyance sur les régimes totalitaires. A placer pas très loin de 1984 d’Orwell.
    Bravo pour cet article.

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